Pour les jeunes étudiants et diplômés, les avantages du mentoring sont immenses et perceptibles tout au long de la carrière.

 

Meilleure connaissance de la réalité du métier

Une relation avec un vétérinaire plus expérimenté et ayant plus de recul sur la profession est essentiel dans les premières années de formation et d’exercice. A la différence du stage durant lequel le vétérinaire suit un ou plusieurs vétérinaires sans forcément créer de liens avec eux, le mentorat implique une relation basée sur la confiance.

Le jeune vétérinaire peut ainsi poser les questions à son mentor sans avoir peur d’être jugé. C’est notamment le cas avec la question du salaire, qui est très rarement évoquée en stage ou lors de notre formation. Il arrive que certains étudiants de 5ème année ne sachent pas s’il est normal ou “bien vu” de demander à être rémunéré pour les heures supplémentaires effectuées. On peut imaginer que si ces étudiants avaient pu avoir une relation de confiance avec une personne connaissant bien le milieu, ils auraient eu la réponse à leurs interrogations. De telles incertitudes sont des sources de stress pour les jeunes vétérinaires, alors que leur métier les confronte déjà à des situations stressantes.

Par ailleurs, ce système permet également d’élargir la vision des mentorés vétérinaires. Au contact de professionnels de différents secteurs d’activité vétérinaire, le jeune prend conscience de la diversité de l’offre d’emploi qui s’offre à lui une fois le diplôme obtenu.

La mise en place à grande échelle d’un système de mentoring vétérinaire permettrait ainsi à terme de diminuer l’idéalisation de la profession par les étudiants en leur montrant la réalité du métier et en lui permettant de poser les questions qui lui viennent dans un climat de confiance.   

Soutien professionnel et émotionnel

Le mentor est essentiel dans les moments de difficultés de son élève. Sans les effacer, il apprend à son protégé à les surmonter et surtout à s’en protéger. Il ne donne pas nécessairement des solutions mais guide son élève pour qu’il trouve une issue positive à ses problèmes. C’est un véritable soutien émotionnel qui est un frein essentiel à l’installation d’un mal-être psychologique.

Prise de confiance en soi plus rapide

Le mentoring apporte au jeune élève une prise de confiance en soi plus rapide, ce qui est très important dans les premières années d’exercice. En effet, ce sont les années les plus difficiles car ils n’ont pas assez d’expérience pour être parfaitement à l’aise face à leurs pairs et aux clients et faire face aux situations de stress. Le fait d’avoir une personne de confiance compétente dans le domaine vétérinaire avec qui parler de ses difficultés permet de prendre du recul sur ses erreurs pour en tirer le meilleur apprentissage possible. Le mentoring offre aux jeunes vétérinaires une main tendue pour faire face aux difficultés quotidiennes du métier et apprendre à les surmonter tout en gardant confiance en ses capacités et ses connaissances.

Par ailleurs, le mentoring s’oppose en tout point aux techniques de formation basées sur l’intimidation et l’humiliation des étudiants choisies par certains encadrants. Selon ses partisans, ces méthodes visent à tirer le meilleur des élèves. Ce genre de comportements est généralement source de stress et démoralisant pour les étudiants qui perdent confiance en leurs connaissances et leurs capacités. Les mentors, en revanche, visent à tirer le meilleur de leurs protégés au travers d’une formation positive centrée sur le respect et la confiance réciproque entre mentor et parrainé.

Augmentation de la taille de son réseau professionnel

Le mentorat permet d’augmenter son réseau professionnel rapidement et de manière durable grâce aux rencontres facilitées par le mentor. Ces mises en relations sont généralement orientées en fonction des besoins et des intérêts du jeune vétérinaire.

  

Accélération du développement des carrières

Le contact privilégié avec une personne expérimentée du milieu vétérinaire permet d’éviter les détours professionnels inutiles. En effet, comme nous l’avons vu précédemment, il limite l’idéalisation du métier. Cela peut faire gagner du temps aux jeunes vétérinaires, en particulier dans le domaine de la pratique clinique, pour ceux qui souhaiteraient se réorienter. De plus, par le réseau qu’il crée, le mentor facilite directement ou indirectement la rencontre entre le jeune vétérinaire et son futur employeur. Il augmente le nombre d’employeurs rencontrés et ainsi celui des opportunités professionnelles. Cet aspect est doublement important. D’une part, il permet aux jeunes vétérinaires d’avoir un choix plus grand d’offres d’emploi, ils ont ainsi plus de chances de trouver un travail épanouissant. D’autre part, dans le cas d’une expérience professionnelle négative, ils ont plus de chance de trouver une alternative pour quitter leur emploi.

Lutte contre l’isolement professionnel

Le mentoring est un acteur important dans la lutte contre l’isolement professionnel qui est particulièrement présent dans les premières années d’exercice vétérinaire. Or, rappelons-le, l’isolement, tant professionnel que social est un facteur favorisant l’apparition de la détresse psychologique, du burn-out et du passage à l’acte suicidaire. Le mentoring est donc bien une barrière à l’établissement de difficultés psychologiques.

Nous venons de voir que les avantages sont nombreux pour les Louveteaux. Qu’en est-il des bénéfices directes pour les Mentors et indirectes pour la profession et pour les entreprises du monde vétérinaire ? (Voir les articles : “Les bénéfices du mentoring pour les Mentors” et “Les bénéfices indirectes du mentoring pour la profession vétérinaire”)

Bibliographie

* Mian, A. (n.d.). True mentorship in medicine, 1.