Le mentoring a toujours constitué une part intégrante de la formation scientifique et plus particulièrement dans le domaine médical. Il y a de nombreuses années, la transmission du savoir et de la philosophie médicale s’effectuait au travers d’un apprentissage interactif entre un médecin et un jeune novice. Aujourd’hui, il est possible d’acquérir les connaissances médicales au sein de centres de formation. Malgré cette évolution, le mentoring reste vital selon les termes de plusieurs auteurs pour permettre à cette profession de faire face aux changements humains, sociétaux, économiques scientifiques et techniques qui s’opèrent. 

 

  • Intérêts du mentorat dans le monde médical

Le mentoring appliqué au corps médical permet de développer chez le mentoré un apprentissage pratique au bloc opératoire et dans les chambres d’hôpitaux tout en partageant l’expérience de leurs mentors. Cela leur permet d’assimiler une expérience professionnelle concrète. Les mentors peuvent suivre de manière personnelle les progrès de leur protégé en identifiant précisément leurs lacunes afin de les combler. C’est une expérience clinique individuelle adaptée au besoin de chaque étudiant. 

 

De plus, les étudiants ayant eu un mentor sont plus actifs dans le domaine de la recherche et publient plus d’articles scientifiques que leurs confrères non mentorés. Cela peut éventuellement être mis en lien avec le fait qu’ils développent un plus grand esprit critique grâce à leur mentor et qu’ils ont plus confiance en leurs capacités et en leurs connaissances pour pouvoir réaliser des publications. Une étude a également trouvé que les médecins ayant eu un mentor ont des salaires plus élevés que ceux n’ayant pas été mentorés.

 

Enfin, dans le cas des femmes, il semble que les avantages du mentoring soient particulièrement notables, en particulier en termes d’évolution de carrière et de satisfaction professionnelles bien qu’elles aient moins souvent accès à un mentor que leurs collègues masculins. 

 

  • Comparaison avec la profession vétérinaire 

La profession vétérinaire connaît également des changements sociétaux, scientifiques et techniques comme c’est le cas dans le corps médical. De plus, tout comme les étudiants en médecine, les élèves vétérinaires doivent apprendre à poser des diagnostiques, réaliser des chirurgies, gérer des patients ainsi que leur famille, participer  à l’avancée de la recherche au travers de publications, etc… Les exigences professionnelles sont très semblables entre ces deux cursus. 

 

Toutes ces ressemblances laissent à penser que le mentoring ne peut être que bénéfique pour notre profession, voire même devenir vital au regard des changements qui s’opèrent actuellement dans le monde vétérinaire.

Bibliographie

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